Editions Durand-Peyroles
142 pages
Préfaces de
Claude Cognard et de Carole Lussier
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Résumé :
Narimane est
une jeune femme algérienne mariée, dont le plus cher désir est de
devenir mère. Malheureusement, la perte précoce et
énigmatique de son mari ainsi que le décès de ses parents, la font
basculer dans la précarité. Cette situation la fragilise
psychologiquement et elle devient la proie facile de Mounir, son
second époux, un affairiste qui la manipule et l'incite à quitter
son pays.
A Paris, elle côtoie la maladie d'Alzheimer, tandis que le destin
la conduit un peu plus tard à Toulouse où cette fois elle doit
faire face aux conséquences dramatiques de l'explosion de l'usine
AZF.
Nous vous laissons découvrir son destin.
VIDEO
Film réalisé le 20/09/2008 par Antoine Charlet
A la demande de son éditeur, Katia lit un extrait de son roman "Le destin de Narimane".
Pour voir la vidéo, cliquez ICI Cet extrait constitue les 3 premières pages du 1er chapitre. Vous pouvez le lire au niveau de l'article suivant (voir ci-dessous).
Extrait
Chapitre 1
Au début des années
1990, Narimane vit dans un appartement coquet situé au centre
d’Alger. C’est une jeune femme plutôt mince
et élancée. Ses grands yeux noirs et son nez rectiligne ornent son
visage ovale, tandis que sa belle chevelure brune et ondulée fait
l’admiration de tous. Après avoir poursuivi ses études
secondaires au sein d’un établissement réputé de la capitale
algérienne, mais n’ayant jamais obtenu son baccalauréat, elle
s’est orientée vers le secrétariat. Fille unique, elle a
toujours été la fierté de ses parents qui n’ont jamais pu
avoir d’autres enfants, surtout le garçon tant désiré. A
trente-cinq ans, Elle vient d’épouser Rachid Hafdi à peine
plus âgé qu’elle, homme de tempérament plutôt posé, réservé
et introverti, au physique banal, fidèle à sa petite moustache
brune, technicien au sein d’une importante entreprise en
bâtiment. Tous deux forment un couple souvent envié, ce qui
inquiète khalti (tante du côté maternel) Dahbia, grande tante de
Rachid, très superstitieuse qui met ses neveux souvent en garde
contre le mauvais œil auquel elle croit fermement :
- Belekou l’aïn ! (Méfiez-vous du mauvais œil !)
… leur répète-t-elle souvent. Les regards sont trop braqués
sur vous. Pour chasser le mauvais œil, il faut jeter
régulièrement une poignée de sel dans l’évier ou dehors après
l’avoir tournée sept fois autour de vos têtes. Puis,
s’adressant à Narimane :
- Quant à toi, ma fille, tu ne ferais pas mal d’aller
voir un marabout et de porter une khamsa (main de
Fatma).
Chacun de ces conseils provoque des éclats de rires :
- Ne fais surtout pas attention à ce que dit ma
tante, dit Rachid à sa femme. Elle a toujours été ainsi et ce
n’est pas à son âge qu’elle changera.
Afin de pouvoir subvenir aux besoins du foyer, Rachid connaît des
journées de labeur chargées et parfois très difficiles. Femme
moderne au foyer, Narimane cultive son désir de devenir mère ce
qui provoque souvent la discorde au sein du couple :
- Bien sûr, plus tard nous aurons des enfants, lui promet
son mari, seulement rien ne presse ; tu sais très bien que nous ne
sommes pas encore suffisamment aisés pour pouvoir nous occuper
convenablement d’un enfant. Actuellement, nous pouvons tout
juste faire face au coût élevé de la vie.
Elle proteste énergiquement. Elle désire avoir rapidement un bébé
d’autant plus que ses parents sont prêts à aider le couple.
Mais Rachid s’y oppose :
- Ce n’est pas à tes parents à élever nos enfants,
c’est à nous d’assumer et pour le moment, nous
n’en avons pas les moyens, à moins que tu veuilles faire
comme les voisins qui passent leur temps à procréer à « tout vent »
alors que notre pays ne parvient pas à contrôler cette démographie
galopante. Ne vois-tu pas tous ces gosses dans la rue livrés
à eux-mêmes ?
- Mais je ne vais tout de même pas avoir un enfant à
quarante ans ! … hurle-t-elle. D’ailleurs, je ne suis
pas la seule à penser cela. Ta mère me le répète suffisamment. Elle
aimerait que nous ayons une descendance et c’est tout à fait
normal ! Déjà, pour te marier, tu as voulu attendre d’avoir
un logement et maintenant pour être père tu veux encore attendre.
Attendre … attendre … attendre … mais en
attendant, c’est le cas de le dire, le temps passe et lui ne
nous attend pas.
- Dans quelques temps, les affaires devraient s’arranger ; je
serai promu et nous en reparlerons. En attendant, s’il te
plaît ne te laisse influencer ni par ma mère ni par d’autres.
Si tu écoutes ma mère, tu ne t’en sortiras plus. Pour
l’instant elle veut qu’on ait un enfant et tu verras
que si on a une fille, elle voudra qu’on ait un garçon et
quand on aura le garçon, elle nous demandera d’en avoir un
autre et ainsi de suite. Ma mère est très gentille mais elle est
comme ça.
- Si tu
m’avais laissée continuer à travailler, nous ne serions pas
là à compter nos sous. Je ne vois pas où était le problème
puisqu’une voiture du personnel passait me prendre et me
ramenait chaque jour.
- Ton lieu de travail se situait trop loin, réplique-t-il
sérieusement agacé. Avec le climat d’insécurité actuel, il
n’était pas question que je te laisse aller sur les routes
avec qui que ce soit et encore moins dans des véhicules
d’entreprises qui sont des cibles
d’attentats.
Les jours passent et Rachid demeure réfractaire à la paternité ...



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